L’Amérique du Nord pénalise les ventes et la visibilité de Lacroix Electronics

Le 17/02/2025 à 5:36 par Arnaud Pavlik

Le sous-traitant Lacroix a délivré ses résultats financiers de 2024. Ses ventes consolidées (qui incluent quatre mois des anciens segments Signalisation routière et Ville-Mobilité) se sont élevées à 635,6 millions d’euros, alors que l’objectif initial était « d’environ 640M€ ». Elles reflètent une baisse de 13,4% par rapport à aux ventes de 2023, qui s’élevaient à 733,9M€.

Durant le quatrième trimestre, le chiffre d’affaires de l’activité électronique s’est établi à 111,5M€, soit une baisse de 18,1% par rapport à 2023. Lacroix attribue ce repli au marché automobile et à la situation de Lacroix en Amérique du Nord. Là-bas, le marché automobile a poursuivi son déclin. Par ailleurs, « des difficultés spécifiques à certains clients » ont participé au recul de 19,1% de l’entité lors du dernier trimestre. La société se veut néanmoins rassurante, dans la mesure où la restructuration amorcée au 2e semestre de 2023 se poursuit, indiquant qu’elle devrait commencer à porter ses fruits dès 2025. Les ventes européennes ont également décliné (-17,6%) car la baisse du secteur de l’automobile se prolonge, tandis que la partie industrielle ralentit. A contrario, l’aéronautique est au plus haut, alors que la division HBAS (Home & Building Automation Systems) demeure stable.

Finalement, le chiffre d’affaires annuel de l’activité fléchit de 12,1% à 494,3M€, contre 562,1M€ un an plus tôt. Lacroix précise cependant qu’au cours des six premiers mois de 2024, « il a souffert d’une base de comparaison particulièrement élevée (18,8% de croissance au premier semestre 2023), liée au rattrapage des ventes suite à la fin des pénuries de composants électroniques ». En 2024, l’Europe a reculé de 11%, une  baisse qui aurait été réduite à 4,9% « si l’on avait exclu les contrats à faible rentabilité abandonnés en 2024, conformément à la stratégie d’optimisation du portefeuille clients ». Encore une fois, l’activité outre-Atlantique plombe les ventes globales, puisqu'elle a décliné de 14,7%. Lacroix rappelle « l’exposition à certains programmes sous-performants » et une marge d’Ebitda « proche de la partie inférieure de la fourchette précédente attendue 2025 », pour conclure sur une « visibilité limitée » de son activité électronique.

En moins d'un an, le Ligérien se sera recentré autour de deux activités, Electronique et Environnement, en se séparant de ses segments Signalisation routière (avril 2024) et Ville-Mobilité (janvier 2025). Bien que l’Environnement bénéficie de tendances « structurellement porteuses » (eau, réseaux de chaleur, smart grids, smart lighting), les perspectives sont différentes pour l’Electronique, spécialement en Amérique du Nord. Lacroix évoque des incertitudes liées à la croissance du marché automobile, à la réglementation des véhicules électriques, aux droits de douane avec le Mexique et la Chine, à « la rapidité et à l’impact du déploiement des mesures de retournement, aux volumes et rentabilité des programmes de rag-up, etc. » De quoi reporter la présentation de la feuille de route 2027 du sous-traitant, initialement prévue le 31 mars, à la publication des résultats semestriels.

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