Malgré une baisse de 9% du marché français du test et de la mesure en 2013, à un peu plus de 303 millions d'euros, la répartition par secteurs applicatifs n'a quasiment pas bougé par rapport à 2012. Les secteurs traditionnels de l'industrie française, à savoir le mil/aéro, les télécoms et l'industriel, restent les plus importants.
D ans le numéro de mai d' ElectroniqueS ( voir ElectroniqueS n° 49 ), nous avions évoqué le marché français du test et de la mesure dans le cadre de l'enquête annuelle menée par le Syndicat de l'instrumentation de mesure, du test et de la conversion d'énergie dans le domaine de l'électronique (Simtec), en partenariat avec le cabinet d'études et de conseil Décision. Cette étude faisait notamment état d'un recul de 9% en 2013, à un peu plus de 303 millions d'euros, et d'un état d'esprit prudent du Simtec qui qualifie 2014 d'année charnière pour le marché du test et de la mesure. Dans l'article d'alors, nous avions abordé ce marché sous l'angle des différentes lignes de produits. Aujourd'hui, nous vous proposons de revenir sur le marché français du test et de la mesure vu sous l'aspect de ses secteurs applicatifs, le cabinet Décision s'étant intéressé à ses évolutions dans les domaines suivants: aéronautique, défense et spatial, télécom-munications, automobile, éducation et recherche ainsi qu'équipements industriels.
«L'aéronautique civile est toujours un secteur très porteur pour le test et la mesure, même si l'on enregistre une fin de cycle de R&D chez Airbus et aucun nouveau projet à court terme. Comme en 2012, le secteur de la défense a été relativement stable en 2013, des domaines comme la radio (écoute, interception) ou la guerre électronique n'étant pas touchés par les restrictions budgétaires », explique Bernard Dauger, consultant auprès du cabinet. Le secteur spatial européen et français en particulier souffre en ce moment entre une concurrence accrue, la guerre des prix, la réduction d'effectifs chez Thales Alenia Space et Airbus Space & Defence (anciennement Astrium). La signature du contrat portant sur la vente de 126 Rafales à l'Inde pourrait changer la donne…
Dans le secteur des télécommunications, le marché du test et de la mesure est resté assez soutenu en 2013. Les investissements faits par les opérateurs sont restés stables parce qu'ils sont désormais bien équipés, comme les installateurs d'ailleurs, et que la valeur d'ARPU ( Average Revenue Per User ) a continué à baisser. «Les réseaux mobiles sont caractérisés par le déploiement massif de la 4G/ LTE et même par le premier déploiement commercial d'un réseau LTE-Advanced au deuxième trimestre 2014. Même si l'on peut également compter sur la multiplication des small cells de tous types dans les zones de couverture denses et sur la R&D concernant la future technologie 5G, on s'interroge néanmoins sur la pérennité des investissements » , ajoute Bernard Dauger.
Le marché du très haut débit a explosé en 2013
Dans le domaine des cœurs de réseaux aussi, de nombreux travaux en laboratoire sont menés sur les réseaux de 400 Gbit/s, en quatre fois 100 Gbit/s pour l'instant, en plus de la généralisation du 100 Gbit/s proprement dit. « Le marché de l'accès en très haut débit a explosé en 2013, pour la partie FTTH [Fiber-to-the-Home, NDR] notamment, et il devrait se poursuivre cette année et à l'avenir, parce que le plan Très Haut Débit a pris du retard. Du côté des fabricants de puces destinées à la téléphonie mobile, ils continuent à quitter la France, à l'image de Renesas Rennes, de Motorola Mobility à Toulouse », poursuit-il.
Dans l'industrie automobile, si la production de véhicules en France a atteint en 2013 son plus bas niveau depuis 1996, à 1,45 million d'unités, le marché du test et de la mesure a connu un très bon niveau d'activité avec des équipementiers qui se portent bien de par leur présence aussi à l'international. Les véhicules électriques, eux, ont un certain impact sur le test et la mesure pour ce qui concerne les batteries et leur recharge, la consommation en électricité des véhicules. «Les acteurs du test et de la mesure portent un grand intérêt au développement prometteur de la “voiture connectée” qui constitue le premier segment des applications M2M par réseaux cellulaires», indique Bernard Dauger.
Les secteurs de l'éducation et de la recherche sont plutôt bien lotis. Les crédits de la recherche publique, où la tendance est toujours à la montée en fréquences pour des applications de télécommunications ou de radars, n'ont en effet pas diminué en 2013. Si le budget 2014 du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche progresse encore légèrement de 0,5 %, les dotations aux grands organismes de recherche sont toutefois en baisse, d'où des tensions en termes d'investissements en test et mesure. L'éducation, elle, est un marché pluriannuel (dépendant de décisions prises au niveau de l'Etat dans le cadre des réformes), donc assez stable pour le test et la mesure. « Le marché de l'éducation fait l'objet d'un effort particulier de la part de la profession, afin de familiariser les jeunes avec les appareils qu'ils pourront être amenés à utiliser plus tard», rappelle Bernard Dauger.
Enfin, même constat positif pour les secteurs des équipements industriels. «L'énergie est le marché le plus porteur, en particulier pour tout ce qui concerne l'efficacité énergétique, moins pour les activités sur le territoire national que pour celles à l'international des acteurs français. Le secteur du ferroviaire est, lui, resté stable en 2013. Les développements de la “voiture connectée” toucheront d'ailleurs également les autres modes de transport, dont le ferroviaire, dans le cadre d'une approche multimodale des services à l'usager», précise Bernard Dauger. Le médical, un marché en croissance grâce aux start-up développant des innovations en télémédecine et e-santé ainsi que des objets connectés, est toujours freiné par la difficulté de construire des business models . Au-delà de l'automobile, du médical et des produits grand public, le marché du M2M va toucher de nombreux secteurs industriels…